Solaires

 

Voyage et communication

« Ce matin, je me suis réveillée sur Titan et ce soir je vais à l'opéra d'Elysium. Ah ? Vous ne pouvez pas vous téléporter ? »

Voyager et communiquer dans le système solaire pose des problématiques d’échelle sans communes mesures avec celles rencontrées sur Terre.

Distances

Même s’il ne représente qu’un point dans l’univers, le système solaire est immense. Si grand que l’esprit humain ne peut l’apprécier sans l’aide des mathématiques.

Pour mesurer des distances, il existe de nombreuses unités, certaines étant plus adaptées à certaines échelles que d’autres. Par exemple, le kilomètre est pertinent à l’échelle d’une planète mais devient illisible à l’échelle du système solaire.

Pour les distances interplanétaires nous emploieront principalement la seconde lumière (abrégé par « sl »). Une seconde lumière est la distance que parcourt, dans le vide, la lumière en une seconde (soit une distance de 299 792 km).

Cette unité est intéressante à de nombreux égards. Pour commencer, les distances entre les planètes du système solaire s’étalent entre 100 sl et 25 000 sl et celles entre les lunes majeures d’un même système sont comprises entre 0,5 sl et 10 sl, ce qui en fait une unité utilisable pour ces deux échelles. Mais surtout, cette unité donne directement le temps de transmission d’un message.

Pour donner quelques correspondances :

Des distances changeantes

Les astres sont tous en mouvement les uns par rapport aux autres et, par conséquence, les distances sont extrêmement fluctuantes. Il existe donc des périodes favorables et des périodes défavorables pour le voyage. Cela est renforcé par le fait que, lors d'une opposition, la route directe est barrée par l'astre central lui-même (le soleil dans le cas des vols interplanétaires, la planète dans le cas des vols interlunaires).

Par exemple, Jupiter et Mars ne sont distantes que de 1800 sl au plus proche tandis qu'elles sont éloignées de 3400 sl en opposition. Pour connaître ces extrêmes, il suffit d'additionner, ou de soustraire, le rayon orbital des deux planètes. Le pire cas pouvant exister entre les systèmes planétaires est l'opposition d'Uranus et de Neptune qui seraient alors distantes de plus de 24 000 sl, ce qui est presque le cas en 2093.

Communication et latence

Les solaires communiquent beaucoup. L’un des formats préférés reste la conversation directe par avatar interposé. Le principe est simple : une fois que le destinataire a répondu et accepté l’appel, les deux participants peuvent se voir et se parler grâce à la réalité augmentée ou à la réalité virtuelle. Ce type de conversation en temps réel requiert toutefois que les deux participants soient très proches, généralement à moins de 1sl.

Cette contrainte est due au temps de trajet de la lumière : les messages sont transmis via des lasers ou des ondes radios qui sont tout deux constitués de photons, des particules de lumière. Aussi, un message un message met une seconde pour parcourir une seconde-lumière. Le double pour un échange.

À plus longue portée, les solaires s’envoient des messages asynchrones. Ceux-ci sous le plus souvent sous un format vidéo, audio ou textuel. De plus en plus souvent, les solaires s’envoient des constructs : des IA simples chargées avec une base de donnée initialisée par l’expéditeur et capable de tenir une conversation. Ces constructs permettent de fournir une alternative aux messages temps réels sur les longues distances. Toutes les réponses formulées au constructs sont compilées et renvoyées à l’expéditeur du construct. Généralement le construct reprend l’avatar de l’expéditeur mais certains préfèrent utiliser une autre forme, à la manière d’un messager ou d’un familier.

Upload

Pour voyager sur de grandes distances, l’upload reste la méthode la plus rapide. Il s’agit tout simplement de la méthode naturellement privilégiée par les intelligences artificielles et les éthérés.

Le principe consiste à numériser l’être – s’il ne l’est pas déjà – et à l’envoyer sous la forme d’un message informatique par le biais du réseau interplanétaire à la vitesse de la lumière (1 seconde pour une seconde lumière).

Une fois réceptionné l’être est injecté dans un nouveau corps ou, pour les infomorphes, dans le réseau solnet local. Toutes les colonies, et une majorité des installations spatiales publiques, disposent de corps temporaires destinés à être utilisés par les visiteurs non-infomorphes. Ces corps sont majoritairement des corps cybernétiques ressemblant à des humains : des synthas.

Il est évident que ce mode de transport requiert d’avoir une grande confiance en l’expéditeur, mais surtout envers le récepteur. S’uploader en territoire ennemi peut s’avérer particulièrement dangereux, l’être étant sous une forme inerte tant qu’il n’a pas été réinjecté, il est à la merci de ce qui le réceptionne.

Lors de l’upload, l’original est généralement mis en stase dès l’envoi, sauf pour les infomorphes expédiant un fork. Si aucun message de confirmation n’est reçu par l’expéditeur au bout de trois fois le temps de trajet (soit 3 secondes par seconde-lumière de distance), l’original est normalement réveillé et prévenu du problème. Lors du retour du voyageur, son esprit est alors fusionné (merge) avec l’original.

Voyager physiquement

La plupart des voyages ne revêtent pas des dimensions interplanétaire et peuvent se limitent à une même planète, ou lune, et son orbite basse. En fonction de l'échelle de ces voyages, plusieurs moyens s’offrent aux solaires.

Tout d’abord, les colonies sont toutes reliées par un réseau de trains voyageant à des vitesses de plus d'un demi kilomètre par seconde (environ deux fois la vitesse du son à la surface de la Terre) et capables d’effectuer le trajet entre deux colonies en quelques heures. Si cela n’était pas suffisamment rapide, les colonies sont aussi reliées par de très nombreuses lignes suborbitales assurées par des navettes spatiales, rapprochant n’importe quelle destination planétaire à moins de 3 heures de vol. Ces dernières permettent aussi de rallier l’orbite basse sur la plupart des lunes. Seule Mars nécessite des appareils spécialisés car atteindre l’orbite y est beaucoup plus difficile que sur les lunes des systèmes externes. Quant à la Terre, ce sont de véritables lanceurs à l’ancienne qui assurent la liaison avec l’espace.

Dans la plupart des cas, les navettes peuvent assurer les vols interlunaires au sein d’un même système planétaire. Toutefois, ces vols sont de plus en plus souvent assurés par des corvettes, assurant un bien meilleur confort pour des vols pouvant durer plusieurs dizaines d’heures et ce avec une capacité d’emport bien plus élevée. Rallier une lune à une autre demande des temps de vol allant jusqu’à une dizaine d’heure (d’orbite basse à orbite basse).

Enfin, les vols interplanétaires requièrent un autre type de vaisseau spécialisés. Les transporteurs lourds, et certaines frégates, utilisés à cet usage sont équipés pour offrir des conditions de vie confortable à l’équipage et aux passagers sur des durées de plusieurs jours, voir plusieurs semaines. En plus de cette problématique logistique, ces vaisseaux disposent aussi de systèmes de propulsion capables d’accélérer pendant de longues périodes et d’atteindre des vitesses inatteignables par de plus petits engins qui épuiseraient leur carburant trop rapidement. Notez que cette technologie a parfois été installée sur quelques corvettes. Mais ces derniers cas restent peu efficaces et coûteux, restreints principalement aux vaisseaux de reconnaissance militaires.

La vitesse de croisière standard actuelle

Dans l’espace, voyager sur des distances interplanétaires consiste à prendre une impulsion plus ou moins longue puis à se laisser dériver sur sa trajectoire. Cette première impulsion dure généralement entre 20 et 25 heures sous une accélération équivalente à la gravité terrestre. Passé cette accélération, le vaisseau atteint ce qui est appelé la vitesse de croisière. Un jour avant l’arrivée, le vaisseau ralentit en effectuant une nouvelle accélération, mais orienté dans le sens contraire de la marche.

La vitesse de croisière n’est théoriquement limitée que par le système de propulsion (et la vitesse de la lumière). Toutefois, il existe une vitesse considérée comme limite : la vitesse croisière standard, qui vaut 870 km par secondes, soit presque 250 sl par jour.

Cette vitesse n’est pas seulement issue des limitations techniques des propulseurs, mais il s’agit aussi d’une limitation pratique. L’un des autres paramètres considérés est la capacité actuelle des vaisseaux à détecter les débris de taille moyenne et à encaisser les débris plus petits. Évidemment, lorsque ces éléments techniques seront améliorés et déployés à l'échelle du système solaire, la vitesse de croisière standard sera réévaluée. En attendant, tout commandant ne la respectant pas s'expose à une riposte militaire…

Cette dernière sanction s’applique aussi à tout appareil évoluant à des vitesses élevées sur une trajectoire croisant directement un astre. Un projectile de la masse d'un vaisseau à cette vitesse causerait en effet des dégâts extrêmement importants s'il venait à s'écraser au sol : une catastrophe comparable à celle que provoquerait un très gros astéroïde.

Calculer les temps de trajet

Calculer le temps d'un trajet dépend principalement de deux paramètres : la distance et la vitesse.

Pour ce qui est des temps de trajets des messages et de l’upload, la formule est très simple :

Pour les vols suborbitaux ou orbitaux  :

Pour les vols interlunaires :

Pour les vols interplanétaires :

Dangers de l'espace

Puisqu’il est question de voyage spatiaux, abordons rapidement les dangers que représente l’environnement spatial, en dehors des dangers liés aux opérations des Solaires en elles-mêmes (guerre, piraterie…).

L'espace reste un environnement particulièrement hostile à la vie, et le premier danger qui vient en tête, principalement pour les organiques, reste la dépressurisation. Exposé au vide, un humain moyen perd conscience en moins d'une dizaine de seconde et meurt en quelques minutes. Il existe deux sortes de dépressurisation : la dépressurisation lente, qui ne cause que très peu de dégâts structurels sur les engins mais aussi à ses occupants, et la dépressurisation explosive, qui correspond à une baisse de la pression atmosphérique importante et très rapide. Cette seconde forme est très destructrice. Par exemple, un humain qui tenterait de retenir son souffle subirait une déformation importante du thorax et un déchirement des poumons pour finalement mourir aussi vite…

Il existe quelques moyens de se protéger en partie de ce type d'accident. S'il est possible de la voir arriver, il est conseillé de faire le vide dans ses poumons autant que possible. Ensuite, l'utilisation d'un respirateur permet de survivre quelques minutes en restant conscient en apportant un air peu pressurisé mais riche en oxygène et d'autres produits stabilisants.

Le second danger inhérent à l'espace provient des radiations. Il s'agit principalement du rayonnement provenant du soleil, capable de provoquer des blessures graves à court terme, mais aussi d'engendrer des conséquences tels que des dysfonctionnements électroniques et des cancers. Ces rayonnements traversent la plupart des matériaux utilisés dans les colonies sans grand mal, c'est pourquoi elles disposent de protections spécifiques et sont souvent enterrées. Heureusement, les occupants d'un vaisseau, et son propre matériel, sont toujours protégés par un puissant bouclier magnétique émulant une magnétosphère capable de réfléchir une très grande proportion de ces rayonnements.

En plus de ces rayonnements, il existe un autre danger moins constant : les vents solaires et les fameux électrons tueurs. On cite généralement le soleil comme principale source de ces phénomènes, mais les magnétosphères de nombreuses planètes, comme Jupiter ou la Terre, en sont aussi de formidables concentrateurs. Là, les risques concernent principalement l'appareil en lui-même : extrêmement ionisant, ces vents solaires peuvent générer des courants forts sur la surface de l'appareil et donc des champs magnétiques importants. Une fois de plus, seul les boucliers magnétiques de ces vaisseaux peuvent offrir une protection efficace.

Un autre danger souvent sur-estimé concerne la température. Il faut bien comprendre que le vide de matière fait partie des meilleurs isolants thermiques, car il ne permet pas les échanges de chaleur par contact ni par convection. Seul le rayonnement, comme celui du soleil, peut permettre de tels échanges. Ainsi, en dehors des régions très proches du soleil, il faudra plusieurs heures pour qu'un corps à la dérive change de température dans des proportions importantes. Les vaisseaux sont par ailleurs équipés d'isolations bien plus efficace qu'un simple corps et de dispositifs pour réguler la température.

Un mot sur les psions

Nous avons présenté la vitesse de la lumière comme la limite ultime pour les voyages. Et d’après les lois connues de la physique, c’est effectivement le cas.

En vérité, il existe un moyen de dépasser cette vitesse, même si le processus n’est pas bien compris par la science : les psions qui contrôlent le domaine de l’espace.

Ces derniers peuvent en effet relier deux lieux par un portail, sorte de trou de ver – bien que l’appellation soit remise en question par la communauté scientifique pour ce cas précis – par lequel il est possible de passer, franchissant ainsi l’espace sur des distances hallucinantes de façon instantanée.

Ce moyen reste très peu utilisé. D’une part, les psions restent rare et ceux qui contrôlent le domaine de l’espace le sont d’autant plus. De plus, étant donné qu’il est nécessaire que le psion ait déjà visité les lieux connectés, le choix des destinations est drastiquement réduit. Enfin, la taille et la stabilité de ces portails rend pratiquement inutilisable ce moyen de transport à des échelles industrielles.

Ce moyen de transport existe – et cela excite beaucoup les scientifiques et IA de recherches qui s’y intéressent – mais son application à une échelle pratique semble pour le moment hors de portée.

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articles/vie/voyagesspatiaux.txt · Dernière modification: 2017/11/26 15:36 par greewi